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Concert du Chœur premier

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Programme

Josef Rheinberger : Stabat Mater 

José Maurício Nunes Garcia ; Litanies de Notre-Dame des douleurs

Josef Rheinberger (1839-1901)

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Compositeur et pédagogue allemand,  Josef Gabriel von Rheinberger est né à Vaduz (Liechtenstein) le 17 mars 1839 et mort à Munich le 25 décembre 1901.

Déjà à l'âge de 7 ans, il tenait l'orgue dans sa ville natale et, à 12 ans, il entrait au Conservatoire de Munich, où bientôt il surpassait ses camarades d'études en produisant de nombreuses œuvres. À 19 ans on lui confia un poste d'enseignement du piano, et plus tard de l'orgue et de la composition, poste dont il s'acquitta presque jusqu'à la fin de sa vie.

Sans faire beaucoup de battage, il fit tout naturellement partie des compositeurs célèbres de son temps. Depuis 1877, maître de chapelle de la Cour du Roi de Bavière Louis II, il joua un rôle principal dans la musique d'église catholique en Allemagne. Il composa en latin des messes et des motets, en suivant les préceptes des réformateurs céciliens.
Comme professeur de composition, il était mondialement connu et eut comme élèves Engelbert Humperdinck, Ermanno Wolf-Ferrari, Wilhelm Furtwängler et toute une génération de jeunes compositeurs américains, comme Horatio Parker, George Chadwick. Il reçut de nombreuses distinctions : la croix de Commandeur de l'ordre de la couronne de Bavière, et le titre de Docteur honoris causa de l'Université de Munich.

En 1867, il épousa la poétesse Franziska von Hoffnass (Fanny) qui écrivit plusieurs des textes de ses œuvres vocales, en particulier la cantate de Noël, l'étoile de Bethléem.

Il fait partie des compositeurs de la deuxième moitié du XIXe siècle qui, après être tombés dans l'oubli, sont à nouveau redécouverts par les chercheurs et les musiciens. Son œuvre est très diversifiée : 197 numéros d'opus : piano, orgue, musique de chœur sacrée et profane, lieder, musique de chambre, symphonies, ouvertures de concert, musiques de scène et opéras.
Il se définissait comme un classique convaincu, dont les modèles étaient Bach et Mozart. Il reste le grand maître et représentant de la culture musicale de la fin de la période classico-romantique.
Pour rendre hommage à son œuvre, fut fondée en 2003 la Société internationale Josef Gabriel Rheinberger.

José Mauricio Nunes GARCIA (1767-1830)

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José Mauricio Nunes Garcia est né le 20 septembre 1767 à Rio de Janeiro, et y meurt le 18 avril 1830. Fils et petit fils d'esclaves, il subira durant toute sa vie de nombreuses humiliations dues à ses origines.
Après une formation plus ou moins autodidacte, il semble que ses qualités vocales lui aient ouvert la voie des chorales d'église, il y découvre la spiritualité. José Maurício sera consacré prêtre en 1792.

La renommée du musicien se forge lentement, il est nommé maître de chapelle à la cathédrale de Rio en 1798. Il compose à cette époque quelques-unes de ses oeuvres les plus importantes : une série de Graduels (1798-180), deux Miserere (1798) et les Matines de Noël (1799).
Avec l'année 1808 commence une période de grande créativité avec l'arrivée de la cour royale du Portugal, en fuite devant les troupes de Napoléon. Il compose en effet plus de 70 oeuvres, parmi lesquelles la messe de Sao Pedro de Alcantara, la messe pastorale et la messe de Saint Michel Archange et ses premières musiques dramatiques : Ulysse, drame héroïque et Le triomphe de l'Amérique. Cette intense créativité va le jeter dans un profond épuisement intellectuel. De plus la relation conflictuelle avec l'orgueilleux et ambitieux Marcos Portugal, le maître portugais le plus influent de son temps qui a suivi la cour à Rio, donne du fil à retordre au très humble José Maurício Nunes Garcia qui finira par s'insurger contre cette dictature musicale.
Il compose donc peu, jusqu'en 1816, où on lui commande un requiem à l'occasion de la mort de la reine Dona Maria I : cet Officium 1816 est considéré comme une de ses oeuvres maîtresses.
En 1817, il composa le premier opéra brésilien : Le Due Gemelle puis d'autres oeuvres religieuses dont une Messe Notre Dame des Carmes.
En décembre 1819, il dirigea la première interprétation brésilienne du Requiem de Mozart, complété par un Libera me composé par Sigismond Neukomm.
En 1826, il composa sa monumentale Messe de Sainte Cécile, puis écrivit un traité d'harmonie et de contrepoint.
Au coeur de la création de l'histoire musicale brésilienne, José Maurício est considéré par ses contemporains comme un organiste hors pair et un excellent improvisateur. Sa première période de créativité, (qui prend fin avec l'arrivée de la cour royale du Portugal) se définit par une mélodie raffinée et élégante à la manière de Haydn et Mozart dont l'influence se révèle surtout dans l'accompagnement, alors que les ornementations excessives représentatives du courant européen de l'époque et importées par Marcos Portugal sont très controversées. Il a ensuite été influencé par de nombreux compositeurs du Baroque Mineiro (de la province brésilienne du Minas Gerais). Il est l'un des premiers compositeurs à introduire de la musique populaire (les modinhas) dans ses compositions religieuses et profanes, comme le fera Villa-Lobos plus d'un siècle plus tard.
Source : Ensemble Turicum de Zurich et Academia musical de Indias

Nonette de Pierres Lyriques

Al Cartero, poète béarnais
et la musique française  de son temps

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Programme 

Poèmas (poèmes)

Lou Pays (Le pays)

Printemps (Printemps)

Garbe (Moisson)

Brounhes (Vendanges)

Lou sou (Le soleil)

Arrayou (Rayonnement)

Le guihe (La truie)

Lous guits (Les canards)

A noustes mourts de la guerre (À nos morts de la guerre)

Oumpres I (Ombres I)

Oumpres VIII (Ombres VIII)

Vita brevis (La vie Brève)

Sus très estatues dou noustre Henric (Sur trois statues de notre Henri)

El cants dells ocells (Le chant des oiseaux)

Mélodies françaises

Dieu qu'il l'a fait bon regarder (Claude Debussy)

Avril (Joseph Canteloube)

Les blés sont fauchés (Victor Massé)

Dans les vignes (Émile Paradilhe)

Hymne au soleil (Lili Boulanger)

Des fleurs et des arbres (Camille Saint-Saëns)

Calme des nuits (Camille Saint-Saëns)

Pastorale des cochons roses (Emmanuel Chabrier)

Villanelle des petits canards (Emmanuel Chabrier)

Trois oiseaux du paradis (Maurice Ravel)

Des pas dans l'allée (Camille Saint-Saëns)

Pleurez avec moi (Reynaldo Hahn)

Sous-bois (Lili Boulanger)

Vive Henri IV (anonyme)

Noël traditionnel catalan "El cants dells ocells" (anonyme)

AL CARTERO est le nom de plume — et l’anagramme — de Léonce Lacoarret (1861-1923), médecin spécialiste en oto-rhino-laryngologie. Après avoir exercé comme ORL, il devient chef du service otologique, rhinologique et laryngologique à Toulouse. Toutefois, c’est à Salies-de-Béarn, berceau de sa famille maternelle et lieu de son enfance, qu’il reste profondément attaché. Cet attachement viscéral à la ville et à la langue béarnaise explique probablement l’amour immense qu’il leur a porté toute sa vie. C’est dans cette langue qu’il compose l’intégralité de son œuvre : de nombreuses chansons (comme Lous piquetalos ou La Cinte), qui donnent vie au « petit peuple » de Salies de son époque, mais aussi des contes, des romans et plusieurs pièces de théâtre. Parmi elles, Chuquete, écrite en 1922, demeure son plus grand succès.

La Nonette de Pierres Lyriques

Sopranos : Marie-Annick Daguerre / Élyane Laveran

Altos : Élisabeth Chevalley / Mireille Laburthe / Chantal Lapeyre

Ténors : Jean-Claude Debaig / Luc Maury / Jean-Pierre Vambet

Basses : Bernard Baudéan / Philippe Touya

Piano : Damien Guille

Direction musicale : François Ithrubide

Théâtre musical


Femmes !
Chansons réalistes et autres frivolités

Presse d' époque

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Avec Laetitia Ithurbide, François Ithurbide, Damien Guille.

Conception et écriture : François Ithurbide

Programme 

Moi j'tricote (Michel Emer)

J'suis nerveuse (Raymond asso / Claude Valery)

Dure de la feuille (Goergius / Gaston Claret)

Fleur d'innocence (Blondelet - Baumaire / Paul Henrion)

La foule (Michel Rivgauche / Angel Cabral)

Filles d'ouvriers (Jules Jouy)

Sous la blafarde (Berger-Foucher / Daniderff)

À la dérive (Agel Leon - Ronn Emile / Daniderff)

L'étrangleuse d'enfants - Jeanne Weber, l'ogresse de la goutte d'or (Marius Rety / Adolphe Gauwin)

La coco (Edmont Bouchaut / Gaston Ouvrard)

Les blouses blanches (Michel Rivegauche / Marguerite Monnot)

La môme catch-catch (Maurice Vandair / Maurice Alexander)

Adoré de Philomène (Louis Bousquet / Henri Mailfait - Nazelle)

Tel qu'il est (Charles Cachant / Maurice Alexander)​​

Les filles ont une âme (Maurice Aubret / Hippolyte Ackermans)

L'amour des hommes (Géo Koger / Vincent Scotto)

Où sont tous mes amants ? (Maurice Vandair / Charlys)

La revanche des femmes (René Esse /  Emile Spencer)

Elle pique à la mécanique (Ferdinand-Louis Bénech / Désiré Berniaux)

Madame (Juliette Nourredine)

La faute à Eve (Anne Sylvestre)

L'éternel féminin (Juliette Nourredine)

Julie si tu voulais (Géo Koger / Gaston Ouvrard)

La femme fatale (Georgius - Bertal-Maubon / Vincent Scotto)

La Joconde (Paul Braffort / Barbara)

Wolfgang et moi (Françise Mallet-Jorris / Marie-Paule Belle)

Une sorcière comme les autres (Anne Sylvestre)

Le temps des cerises (Jean-Baptiste Clément / Antoine Renard)

La Périchole (Henri Meilhac - Ludovic Halevy / Jacques Offenbach)

La femme, dans les chansons réalistes, n’est pas la femme ordinaire, celle dont la vie est rangée, fixée à l’avance, de la virginité au mariage puis à la maternité ; la femme d’intérieur, digne, éduquée pour ne pas avoir de vie sentimentale propre, mais dévouée à son mari, ses enfants, son ménage et quelques bonnes œuvres si elle en a les moyens.

La femme dont il s’agit dans notre évocation vit dans une société injuste où les pauvres sont légion et les riches quelques-uns. Cette femme vit dans la précarité qui la conditionne presque, dès sa naissance, à une vie de misère, victime permanente des hommes qui assurent sa chute depuis la perte de son innocence jusqu’au trottoir où elle devra  travailler.

D’un côté donc, une maison, un mari, des enfants, la religion et la vie sociale ; d’un autre, le taudis, le souteneur, la prostitution, le vol, le crime, la déchéance.

Mais la femme est secrète. Apparemment résignée à ces lignes de vie tracées à l’avance, elle est un être pensant qui observe, juge et rêve d’une vie différente. Si elle ne revendique pas vraiment encore, dans une grande majorité, une liberté qu’elle pense souvent impossible, elle entretient un monde intérieur fait de douceur, d’amour et d’émancipation. Les plus fortes deviennent suffragettes et revendiquent des droits, les autres s’étiolent peu à peu dans une forme d’inexistence neurasthénique où les rêves sont puissants mais les actes réels avortés.

Notre propos n’est pas de présenter les luttes du féminisme, mais de proposer des portraits-chansons pour illustrer les conditions de vie et les pensées de quelques femmes à certains moments de l’histoire.

Récital lyrique
Mozart - Rossini


Karine Deshayes/ Samuel Jean
 

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MOZART :

Lieder :

Das Veibchen K475 (la violette)

Als Luise die Briefe K520 (quand Louise brûle les lettres)

Abendempfindung K523 (harmonie du soir)

An chloë K524 (à Chloé)

Air de concert :

Chi sa qual sia K582

Airs d'opéra :

La clemenza di Tito - air de Sesto "Parto, ma tu ben mio"

Don Giovanni - air de Donna Elvira "Mi tradì quell’alma ingrata”

Piano seul 

Fantaisie en do mineur K 475

ROSSINI :

Mélodies :

Belta crudele

À Grenade

Airs d'opéra :

Otello - air de Desdemona "Canzone del salice"

Semiramide - air de Semiramide " Bel raggio lusinghier"

Le barbier de Seville - air de Rosine "Una voce, poco fa..."

Piano seul 

Fantaisie en do mineur K 475

Concert du Chœur de Chambre

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Programme

Karl Jenkins

Requiem

et six Haïkus

Direction musicale, François Ithurbide

Piano, Damien Guille

Flûte, Julien Bridier

Karl Jenkins

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Membre de la Royal Academy of Music, le compositeur gallois Sir Karl Jenkins (né Karl William Pamp Jenkins le 17 février 1944 à Penclawdd, Gower) a commencé sa carrière musicale en jouant du saxophone, des claviers et du hautbois dans divers combos jazz-rock de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Son travail le plus connu au cours de cette période est celui qu'il a effectué avec Soft Machine, le groupe de rock progressif de Canterbury, qui a été très acclamé. Karl Jenkins a écrit et joué sur cinq albums de Soft Machine, dont le dernier, Land of Cockayne, est sorti en 1981. Alors que sa carrière avec Soft Machine touche à sa fin, Karl Jenkins se forge une réputation de compositeur, en particulier dans le domaine de la publicité télévisée. Une série de collaborations avec la célèbre agence de publicité londonienne Bartle, Bogle and Hegarty permet au compositeur de créer de la musique pour des clients aussi divers que Levi Jeans, les diamantaires De Beers et Renault. Sa composition classique la plus connue est Adiemus, une collection d'œuvres présentant une mélodie vocale harmonisée où les interprètes chantent des syllabes et des sons plutôt que des mots. L'album Adiemus : Songs of Sanctuary est arrivé en tête des ventes d'albums classiques en 1995 et a été suivi d'une série d'œuvres connexes. Composée en 1999, avec plusieurs nouvelles variations apparues au fil des ans, "The Armed Man", sous-titrée "A Mass for Peace", est une autre de ses pièces célèbres. Karl Jenkins a continué à travailler sur une grande variété de projets et a été chargé d'écrire une œuvre chorale intitulée Cantata Memoria : For The Children, pour commémorer le 50e anniversaire de la catastrophe minière d'Aberfan en 1966. En 2024, il a sorti l'album Stravaganza avec Jess Gillam et le Royal Philharmonic Orchestra

Brève notice sur le Requiem de Karl Jenkins

 

Dans l’espace diversifié de la musique contemporaine, la personnalité fascinante et controversée du compositeur gallois Karl Jenkins, qui surprend à plusieurs égards, se distingue. Ouvert à l’assimilation et au traitement de musiques de sources diverses (académiques, liturgiques, folkloriques, de divertissement, orientales, exotiques), le musicien polyvalent Karl Jenkins impressionne le public par des choix artistiques inattendus.

Il s’attache à la valorisation musicale du sacré dans une vision synthétique entre tradition et innovation, plus particulièrement, dans le Requiem (2005), une partition significative de la contemporanéité. La manière dont le compositeur, tout en recourant à un genre musical provenant du culte catholique romain et en s'appuyant sur le texte liturgique de la Messe des morts, a inséré des textes funéraires japonais très lyriques, sous forme de haïku, appartenant à des auteurs représentatifs - Gozan Koshigaya, Issho Kosughi, Hokusai Katsushika, Kaga-no-Chiyo, est très surprenante.

Ainsi, le compositeur superpose non seulement des textes de différentes cultures, mais aussi des structures musicales à la sonorité particulière qui, étonnamment, se marient parfaitement. L’espace sacré devient une aspiration pour toutes les communautés, indépendamment de la religion, de l’ethnie, de la culture ou de la tradition.

Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour piano n°23
REQUIEM

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Vanessa Wagner : piano

Marie-Bénédicte Souquet : soprano

Laetitia Ithurbide : mezzo-soprano

Jérôme Billy : ténor

Fabien Leriche : basse

Chœur et Ensemble Orchestral des Pierres Lyriques

Direction des Chœurs : François Ithurbide

Direction Musicale : Samuel Jean

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Concerto pour piano et orchestre n° 23 en la majeur K. 488

Allegro

Adagio

Allegro assai

Composition et création : 1786, à Vienne.

Mozart a porté le genre du concerto pour piano à un niveau sans équivalent en son temps : d’un genre plutôt galant, brillant et superficiel, il a fait une création hautement personnelle par la richesse des idées musicales, la cohérence de leur agencement et un style pianistique délié, fin et spirituel qui nous permet d’entrevoir quel interprète miraculeux il était lui-même au pianoforte (en effet, il se destinait l’interprétation de ces œuvres pour la plupart indépendantes de toute commande).

Le Concerto en la majeur a été composé, conjointement avec le Concerto n° 24 en ut mineur, peu de temps avant l’achèvement de l’opéra Les Noces de Figaro, dont la première a été donnée à Vienne le 1er mai 1786. Dans les airs d’opéra comme dans les concertos de Mozart, on peut remarquer une même volonté de concilier la virtuosité contenue et la profondeur d’expression. L’invention mélodique semble inépuisable, comme la richesse de couleurs d’un tissu orchestral nuancé qui porte le soliste et amplifie l’émotion.

Le premier mouvement est richement symphonique, mais Mozart n’a pas besoin d’un effectif pléthorique pour composer un grand concerto : sans trompettes ni timbales, il remplace les hautbois du projet initial par deux clarinettes en La, chères à son cœur, employées pour leur sonorité chaleureuse. Après une préexposition orchestrale complète, le piano fait enfin son entrée et joue le thème initial en l’ornant délicatement. L’équilibre souverain entre les protagonistes (deuxième thème gracile, développement aux modulations mineures, réexposition symétrique mais subtilement réinterprétée jusqu’à la cadence soliste) est la marque d’un classicisme intériorisé jusqu’à l’épure.

Le second mouvement est une confidence désolée dans le ton rare de fa dièse mineur (peut être Mozart souhaitait-il renforcer le symbole maçonnique des trois altérations à la clé présentes déjà dans la tonalité principale de la majeur). Sur un rythme de sicilienne lente, c’est une sorte de « berceuse de la douleur » qui fait penser à la cavatine de Barberine dans Les Noces de Figaro, amplifiée par de magnifiques répliques orchestrales où l’harmonie déploie toute la saveur des retards expressifs et d’un subtil chromatisme.

Le final retrouve une jovialité sereine, avec son thème-refrain initial bien dessiné, lancé par le piano. La profusion de ses motifs mélodiques et de ses digressions inattendues en une fluidité parfaite entraîne l’auditeur dans une découverte sans cesse renouvelée. Un épisode central repasse brièvement dans la tonalité de fa dièse mineur, produisant un bref contraste dramatique bien vite dissipé par la bonne humeur générale.

Isabelle Rouard dans Programme de salle de la Staatskapelle Berlin

 

Wolfgang Amadeus Mozart


Lui-même compositeur, violoniste et pédagogue, Leopold Mozart, le père du petit Wolfgang, prend très vite la mesure des dons phénoménaux de son fils, qui, avant même de savoir lire ou écrire, joue du clavier avec une parfaite maîtrise et compose de petits airs. Le père décide alors de compléter sa formation par des leçons de violon, d’orgue et de composition, et bientôt, toute la famille (les parents et la grande sœur, Nannerl, elle aussi musicienne) prend la route afin de produire les deux enfants dans toutes les capitales musicales européennes de l’époque. De 1762 à 1764, Mozart découvre notamment Munich, Vienne, Mannheim, Bruxelles, Paris, Versailles, Londres, La Haye, Amsterdam, Dijon, Lyon, Genève et Lausanne. Il y croise des têtes couronnées, mais aussi des compositeurs de renom comme Johann Christian Bach, au contact desquels il continue de se former. À la suite de ses premiers essais dans le domaine de l’opéra, alors qu’il n’est pas encore adolescent (Apollo et Hyacinthus, et
surtout Bastien et Bastienne et La finta semplice), il voyage de 1769 à 1773 en Italie avec son père. Ces séjours, qui lui permettent de découvrir un style musical auquel ses œuvres feront volontiers référence, voient la création à Milan de trois nouveaux opéras : Mitridate, re di Ponto (1770), Ascanio in Alba (1771) et Lucio Silla (1772). Au retour d’Italie, Mozart obtient un poste de musicien à la cour de Hieronymus von Colloredo, prince archevêque de Salzbourg, qui supporte mal ses absences répétées. Les années suivantes sont ponctuées d’œuvres innombrables (notamment les concertos pour violon, mais aussi des concertos pour piano, dont le Concerto n o 9 « Jeune homme », et des symphonies) mais, ce sont également celles de l’insatisfaction, Mozart cherchant sans succès une place ailleurs que dans cette cour
où il étouffe. Il s’échappe ainsi à Vienne – où il fait la connaissance de Haydn, auquel
l’unira pour le reste de sa vie une amitié et un profond respect – puis démissionne en 1776 de son poste pour retourner à Munich, à Mannheim et jusqu’à Paris, où sa mère, qui l’avait accompagné, meurt en juillet 1778. Le voyage s’avère infructueux, et l’immense popularité qui avait accompagné l’enfant, quinze ans auparavant, s’est singulièrement affadie. Mozart en revient triste et amer; il retrouve son poste de maître de concert à la cour du prince-archevêque et devient l’organiste de la cathédrale. Après la création triomphale d’Idoménée en janvier 1781, à l’Opéra de Munich, une brouille entre le musicien et son employeur aboutit à son renvoi. Mozart s’établit alors à Vienne, où il donne leçons et concerts, et où le destin
semble lui sourire tant dans sa vie personnelle que professionnelle. En effet, il épouse en 1782 Constance Weber, la sœur de son ancien amour Aloysia, et compose pour Joseph II L’Enlèvement au sérail, créé avec le plus grand succès. Tour à tour, les genres du concerto pour piano (onze œuvres en deux ans) ou du quatuor à cordes (Quatuors « À Haydn ») attirent son attention, tandis qu’il est admis dans la franc-maçonnerie. L’année 1786 est celle de la rencontre avec le « poète impérial » Lorenzo Da Ponte ; de la collaboration avec l’Italien naîtront trois des plus grands opéras de Mozart : Les Noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et, après notamment la composition des trois dernières symphonies (été 1788), Così fan tutte (1790). Alors que Vienne néglige de plus en plus le compositeur, Prague, à laquelle
Mozart rend hommage avec la Symphonie n° 38, le fête volontiers. Mais ces succès ne suffisent pas à le mettre à l’abri du besoin. La mort de Joseph II, en 1790, fragilise encore sa position, et son opéra La Clémence de Titus, composé pour le couronnement de Leopold II, déplaît – au contraire de La Flûte enchantée, créée quelques semaines plus tard. Mozart est de plus en plus désargenté, et la mort le surprend en plein travail sur le Requiem, commande (à l’époque) anonyme qui sera achevée par l’un de ses élèves, Franz Xaver Süssmayr.

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