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J'ai une passion pour l'œuvre de Charles Gounod. Il est de bon ton de la regarder avec un peu de mépris, comme celle d'un compositeur facile, trop mélodique, pas assez "compliqué". C'est mal connaître cette œuvre et l'art de ce compositeur. Il n'est rien de plus difficile que chanter la simplicité et surtout la nourrir de ce qui fait sa force : la foi dans le message qu'elle délivre. Ce message de sacrifice universel, de fraternité, d'espérance et de paix touche chacun, croyant ou non. La beauté, l'équilibre, l'évidence de cette musique frappent le cœur et les sens.
Conduire le chœur sur cette voie (voix) est un travail exaltant que j'ai mené avec le chœur des Pierres Lyriques au long de ces vingt dernières années, comme en témoigne la liste des œuvres que nous avons déjà données en concert :
Messes et oratorios
- La Rédemption - Mors et vita - Messe de Sainte-Cécile
- Messe de Pâques - Messe Angeli Custodes (des Anges Gardiens)
- Gallia – Tobie - Jeanne d'Arc


Cantates et mélodies sacrées
- Stabat mater - Le Vendredi-Saint - Le repentir - Prière du soir - De profundis
- Près du fleuve étranger - Ave verum


F.I

 

Programme du concert
Charles Gounod (1818 – 1893)

Pièces sacrées :


- Vendredi-Saint
- Prière du soir
- Ô divin rédempteur
- Près du fleuve étranger
- Ave verum

 

Requiem en do majeur


1. Introït et Kyrie
2. Dies Irae
3. Sanctus
4. Benedictus
5. Pie Jesu
6. Agnus dei

Damien Guille : Piano

Solistes du Choeur :
Sopranos : Elyane Laveran Mezzo-soprano : Elizabeth Chevalley
Ténor : Jean-Claude Debaig Basse : Jean-Luc Trouche

Direction musicale : François Ithurbide

« Il n’y a pas de grâce sans force. » C’est qu’en effet la grâce et la force sont

complémentaires l’une de l’autre dans le total de la beauté, la force préservant la grâce
de devenir mièvrerie, et la grâce empêchant la force de devenir brutalité. C’est
l’harmonie parfaite de ces deux éléments qui marque le sommet de l’art et qui
constitue le génie. (Gounod – Les mémoires d'un artiste)

Le Requiem

Le Requiem de Gounod, contrairement à nombre de compositions de requiem du XIXème siècle, n’est pas empreint del’obscurité et de l’effroi du Jugement dernier. Cela s’exprime dès la tonalité de do majeur inhabituelle pour un requiem. L’oeuvre est plutôt proche de la conception de Gabriel Fauré qui ressent la mort " comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux ". En dépit de toute l’angoisse exprimée par le pénétrant chromatisme, c’est une atmosphère pleine d’espoir qui domine, une confiance dans la grâce et la justice accordées par Dieu. De Giuseppe Verdi sont conservés les mots suivants qu’il paraît avoir dit à propos du Requiem après la cérémonie du premier anniversaire de la mort de Charles Gounod : " C’est dans la vision de l’immortalité bienheureuse que Gounod a pu trouver ses accents de l’âme qui fuit la terre pour se jeter, aimante et repentante, dans les bras de Dieu. "
Lorsque son petit fils meurt en Janvier 1889, c’est la révoltante disparition d’un enfant de cinq ans qui saisit de douleur le magnifique " sage " qu’est devenu Gounod, disant de sa vieillesse, non sans humour : " Je pense, je lis, je médite, j’écris, enfin je me ramasse de mon mieux devant ma dernière heure : ce qui vieillit en nous, c’est le logement. Le locataire, lui, ne vieillit pas… "

Comment la mort de cet enfant peut-elle ne pas représenter pour lui une subite accélération du temps vers sa propre disparition ? Le vieux musicien, recru d’honneurs et d’épreuves, décide alors de donner, en un ultime sursaut, tout son Art et toute sa Foi à un acte de pure gratuité tourné vers l’espérance ! Il écrit cette pièce – l’une de ses plus belles réussites – entre 1889 et le jour des Rameaux de 1891, date à laquelle il ajoute le mot « FIN » au bas de son manuscrit, comme l’indique l’édition Choudens de 1895, qui porte aussi la dédicace " A la mémoire de mon Petit-Fils Maurice Gounod ".
Il est probable qu’il retoucha l’oeuvre jusqu’au 21 Février 1893, date à laquelle il envoie la partition à la Société des Concerts du Conservatoire avec ces mots : " Je viens de mettre la dernière main à une messe de Requiem, ma dernière oeuvre sans doute " ajoutant " …afin qu’elle soit exécutée l’an prochain, que je sois ou non de ce monde. "