Théâtre musical

Les Années Folles

Avec Laetitia Ithurbide, Scott Emerson, François Ithurbide, Damien Guille.

Conception et écriture : François Ithurbide

Suite à la première guerre mondiale, un mouvement d’euphorie et de libération fut annoncé en France. C’était une période d’effervescence et de bouillonnement marquée par la découverte du plaisir de s’amuser et un engouement pour la culture, voilà pourquoi on lui attribué le qualificatif d’années folles. A Paris par exemple, les habitants étaient entraînés dans une frénésie aussi bien culturelle que sociale. On voyait la ville se métamorphoser au gré des constructions Art Déco, les automobiles, l’électroménager…Le mot d’ordre de cette époque était la fête parce qu’elle permettait aux gens d’oublier l’horreur de la guerre.

Pourquoi les années folles ?

On a appelé les années 20 par années folles parce qu’il s’agit d’une période d’intense soulagement et de libération, après cinq longues années d’un conflit qui avait mobilisé toutes les forces du pays. La censure et l’austérité économique ont accablé toutes les couches de la population, une saignée sans précédent. La Belle Époque était bel et bien révolue et une nouvelle période est venue apporter des solidarités et des mutations.

Les années folles étaient avant tout un véritable phénomène culturel, marqué par la créativité et l’exubérance. Leur épicentre fut le quartier parisien de Montparnasse, où se rassemblaient, dans un triangle formé par les cafés le Dôme, la Coupole et la Rotonde, toute une bohème cosmopolite de peintres, de sculpteurs , de photographes et de modèles, ainsi que de nombreux écrivains, dont ceux du mouvement surréaliste et les Américains de la lost generation.

Les femmes qui ont marqué les années folles

Parmi les femmes qui ont marqué cette décennie on peut citer Jeanne Bourgeois, alias Mistinguett. Mais la véritable « Reine de Montparnasse » est Kiki de Montparnasse (Alice Ernestine Prin), baptisée ainsi par l’artiste japonais Foujita. Elle fut l’égérie de Tout-Paris et artiste animant le quartier pendant les années folles. Elle était l’amante du photographe Man Ray et son modèle favori. Leur histoire d’amour a été immortalisée par leurs œuvres communes telles que la fameuse photographie du Violon d’Ingres où Man Ray la représente en violoncelle érotique.

Les années folles en Amérique et en Europe

Les États-Unis ont connu une croissance rapide reposant sur une augmentation de la production industrielle et de la spéculation boursière. Seuls les agriculteurs furent éliminés de cette prospérité à cause de la baisse des prix des produits de gros.

Entre 1925 et 1926, l’Europe a enfin désamorcé la crise économique de la première Guerre en passant à une phase croissance. Grâce aux investissements à l’étranger, la France a pu connaitre une hausse rapide de sa production industrielle et son commerce devint excédentaire. Quant à l’Allemagne,elle a été soumise au paiement de très importantes indemnités de guerre, ce qui l’introduit dans un marasme économique au début de la décennie (effondrement de la monnaie et inflation considérable). Mais les énormes prêts consentis par les banques américaines, lui ont permis par la suite de retrouver la croissance. Le Royaume-Uni a aussi été confronté à l’inadaptation de son appareil industriel, désormais obsolète, et n’a pas réussi à retrouver son équilibre économique au cours des années 1920.

Les années folles, ou la créativité dans tous ses états

La folie des années 1920 est caractérisée par la course aux plaisirs, le développent des arts, du théâtre, du cinéma, de l’automobile, etc. Elle se caractérise par de nombreuses nouveautés, à l’image de l’apparition du jazz, de la radio, du cinéma ou de l’électroménager. À Paris par exemple le quartier Montparnasse fut l’emblème de ce renouveau. Le plaisir et l’exubérance étaient les maîtres mots de ce mode de vie. C’est l’époque de Joséphine Baker, de l’Art déco, des créations de Coco Chanel. C'est l'époque de la création sans limite, de l'expérimentation créative.

Le ballet mécanique - Fernand Léger (1924)

"Le Ballet mécanique date de l’époque où les architectes ont parlé de la civilisation machiniste. Il y a dans cette époque un nouveau réalisme que j’ai personnellement utilisé dans mes tableaux et dans ce film. Ce film est surtout la preuve que les machines et les fragments, que les objets usuels fabriqués sont possibles et plastiques. Contraster les objets, des passages lents et rapides, des repos, des intensités, tout le film est construit là-dessus. Le gros plan, qui est la seule invention cinématographique, je l’ai utilisé. Le fragment d’objet lui aussi m’a servi ; en l’isolant, on le personnalise. Tout ce travail m’a conduit à considérer l’événement d’objectivité comme une valeur très actuelle et nouvelle." (Fernand Léger)

Laetitia Ithurbide, mezzo-soprano

Violoniste de formation, diplômée en Musicologie ainsi qu'en Administration et Production du Spectacle Vivant, Laetitia Ithurbide débute le chant avec Mady Mesplé et obtient un premier ​prix de chant au Conservatoire National de Région de Saint-Maur. Elle est lauréate de nombreux concours (Concours d'Opérette de ​Marseille 2007, Marmande 2004, Clermont-Ferrand 2003, Vivonne 2002,...). Dotée d'un grand sens théâtral, d'un amour du jeu et de la scène, c'est tout naturellement qu'elle oriente sa carrière vers le théâtre musical, et notamment l'opérette.  

    

Elle chante plus de ​cinquante fois le rôle d'Ernestine (Monsieur Choufleuri restera chez lui... d'Offenbach) et obtient un grand succès dans le rôle de Toto, pour la ​recréation de l'ouvrage Le château à Toto d'Offenbach. Cette production a fait l'objet d'un enregistrement discographique. Elle interprète ​également Eurydice/Cupidon (Orphée aux Enfers), Catherine (Pomme d'Api), Gabrielle (La Vie Parisienne), Oreste (La Belle Hélène), ​Wanda (La Grande Duchesse de Gerolstein), Alexis  (L’ Île de Tulipatan) aux Opéras de Rouen, Saint-Étienne et Besançon, mais aussi ​Agathe ​(Véronique), Héloïse (Véronique) au Théâtre du Châtelet, Sylviane Bogdanovich (La Veuve Joyeuse) à l'Opéra Comique, ...

Elle est particulièrement remarquée pour son interprétation de Polly ​Peachum (L’Opéra de Quat'sous, mis en scène par Laurent Fréchuret), qu'elle chante en tournée en France (CDN de Sartrouville, Théâtre de la Criée de Marseille, L'opéra de Saint-Étienne, etc...).   

          

Elle a chanté sous la direction de nombreux chefs (Jean-Christophe Spinozi, Jean-Claude Casadessus, Placido Domingo, ​Antonio Florio, Jean-Yves Ossonce, Pascal Verrot, David Charles Abell, Samuel Jean, Claude Schnitzler,...) et a travaillé avec des ​metteurs en scène reconnus (Jérôme Savary, Emilio Sagi, Jean-François Sivadier, Jean-Yves Ruf, Jean-Louis Martin-Barbaz, Robert ​Carsen, Lee Blakeley, Laurent Fréchuret,...).    

  

Entre 2012 et 2016, elle est membre des "Essenti'Elles", ensemble vocal constitué de huit à seize femmes, sous la direction artistique de Sabine ​Revault D'Allonnes.        

Afin de perfectionner son rapport au jeu, elle a participé à un stage théâtral sur les Sonnets et Richard III de Shakespeare sous la direction ​de Laurent Fréchuret.​         

Elle a enregistré le rôle de la deuxième servante dans l'Amour Masqué de Messager avec l'Orchestre d'Avignon dirigé par Samuel Jean, sous le label Acte Sud.

Sa connaissance de la scène, mêlée à la volonté de connaitre au mieux le monde du spectacle vivant, la conduite à suivre une formation d'Administration / Production, spécialisée dans le spectacle vivant. Elle en sort diplômée en 2015.  

En 2017, elle est invitée à l'Opéra de Lille pour Der Fliegende Höllender, mise en scène Alex Ollé, direction musicale Eivind Gullberg Jensen et l’année suivante à l’Opéra de Tours dans Iolanta de Tchaïkovsky, mise en scène Dieter Kaegi, direction musicale Vladislav Karklin.

En 2018, lors du Festival 2018 des Pierres Lyriques, elle interprète les parties de mezzo dans la Missa Brevis KWV 235 de Bach et le Gloria de Vivaldi, sous la direction de Samuel Jean.

Scott Emerson, ténor

Né à Los Angeles, Scott Emerson fait ses études de chant à la Music Academy of the West de 1991 à 1993, puis entre au Virginia Opera.  Pour ses débuts sur scène il participe tout à la fois à de nombreuses comédies musicales telles West Side Story, Evita, Jesus Christ Superstar... mais aussi des opéras en abordant les rôles de Tamino, Ferrando et Don Ottavio.

À l’Opéra de Lyon, alors dirigé par Louis Erlo et Jean-Pierre Brossmann il rejoint l’Atelier lyrique en 1994, puis intègre la troupe en 1996. Là, il chante dans La Station Thermale de Fabio Vacchi,  The Turn of the Screw, A Midsummer Night’s Dream, Le Viol de Lucrèce, Carmen, ...Une Petite Flûte enchantée d’après Mozart, Apollon et Hyacinthe, Le Nozze di Figaro, L’Amour des trois oranges, et L’Osteria di Marechiaro de Paisiello. Il obtient le premier prix d’opéra du concours de Marmande en 1996, puis entre dans la troupe de l’Opéra-Comique sous la direction de Pierre Médecin en 1997. Il y interprète Le Comte Ory (rôle titre),  L’Heure espagnole (Gonzalve), Les Mamelles de Tirésias (le mari), Don Giovanni (Ottavio),  Il Matrimonio Segreto (Paolino), La finta semplice (Polidoro) , Une nuit à Venise (le duc),  Tosca (Spoletta), Carmen (Remendado),  L’Empereur d’Atlantis (Arlekin) de Viktor Ullmann et Le dernier jour de Socrate (Phédon) création mondiale de Jean-Claude Carrière et Graciane Finzi.  Depuis 1994, il se produit dans divers théâtres en France: Marseille, Nice, Strasbourg, Saint-Etienne, Nantes, Avignon, Reims, Toulon, Metz, Massy, au théâtre du Châtelet de Paris, au festival d'Aix,...

Il retrouve la comédie musical avec Chantons sous la pluie (prix Molière du meilleur spectacle musical 2001) au Théâtre de la Porte Saint Martin à Paris, Simenon et Joséphine, et Titanic à l’Opéra de Liège dans des mises en scène de Jean-Louis Grinda et des chorégraphies de Barry Collins.  Avec le metteur en scène Paul-Émile Fourny, il incarne Gustav dans Le Pays du sourire durant la saison 2006/2007 et sera Puck dans A Midsummer Night’s Dream en 2008 à l'Opéra de Nice. Il a chanté de nouveau le rôle du mari des Mamelles de Tirésias dans une nouvelle production du Studio Compagnie Jean-Louis Martin-Barbaz, mis en scène par Hervé Van der Meulen au Festival Cormatin 2009, puis durant la saison 2009/2010 dans une nouvelle production de Tosca (Spoletta) à l’Opéra Massy. En 2010 au Festival Pierres Lyriques il interprète Loustot dans Véronique de Messager.  En 2011, il a participé dans la première française de Sweeney Todd au théâtre du Châtelet (ensemble/doublure Pirelli). Récemment  il a chanté au Gateway Playhouse-Long Island, New York dans une nouvelle production de Sweeney Todd (Pirelli), la première française de Sunday in the Park with George (Mr.) au Théâtre du Châtelet, une nouvelle production de Sunday in the Park with George (Franz/Dennis) avec Short North Stage,  la première française de Into the Woods (le père de Cendrillon), la quatrième volet du cycle Stephen Sondheim au Châtelet, une nouvelle production de Sweeney Todd (Pirelli/Fogg) au Festival - Château d'Hardelot et à l'Opéra de Reims saison 2014/2015, un concert à l'Opéra de Bordeaux avec Spirit of Chicago Orchestra (Singin' in the Rain, The Origins) 2016, une reprise de A Midsummer Night's Dream (Puck) avec l'Opéra Théâtre-Metz Métropole 2016, une nouvelle production de 42nd Street (Mac) de Stephen Mear au Théâtre du Châtelet en 2016/2017 (Trophée d'honneur des Trophées de la comédie musicale - 2017), et la création mondiale aux Invalides de l'oratorio de Patrick Zimmerli - Alan Seeger: Instrument Du Destin avec Thomas Enhco à l'occasion du centenaire 1914-1918, une reprise de My Fair Lady (en V.F.) de Paul-Émile Fourny à l'Opéra de Tours en 2017, pour #BernsteinAt100 - la création française de Wonderful Town (Valenti/Tourguide), à l'Opéra de Toulon en 2018 - Grand Prix International du DVD Opera 2018 Académie Charles Cros, une nouvelle production de Assassins (Guiteau) de Sondheim avec Short North Stage, une nouvelle Olivier Benezech/Clef des Chants 2018/2019 production de Into the Woods (le Narrateur /l'Homme mystérieux/la Mère de Jack…) à l'Opéra de Reims/Massy, et une nouvelle Paul-Émile Fourny/Opéra Théâtre-Metz Métropole 2019 production de Tosca (Spoletta).

Parmi ses projects -  Des concerts et un nouvel enregistrement avec Spirit of Chicago Orchestra (jazz rétro), une reprise de Into the Woods/version Olivier Benezech à l’Opéra de Toulon, La Vie Parisienne (Le Brésilien) à Opéra Théâtre-Metz Métropole en 2019/2020, la création française de Rodgers et Hammerstein - South Pacific en V.O. à l’Opéra de Toulon, une reprise de Eugène Onéguine (Mr. Triquet) à l’Opéra Massy en 2020/2021...

François Ithurbide, Baryton

Diplômé en Musicologie, 1er prix de clarinette du Conservatoire de Bayonne-Côte Basque, Diplômé du CNR de Bordeaux en Chant (DFE mention TB à l'unanimité et médaille d'or en Art Lyrique), il chante un vaste répertoire de musique sacrée (messes et oratorios de Campra, Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, Donizetti, Rossini, Schubert, Saint-Saëns, Puccini, Duruflé, Tippet) et s’affirme à la scène dans les rôles de basse-buffa, notamment dans le répertoire de Rossini et d'Offenbach.

Il participe aussi aux créations du compositeur Jacques Ballue (1999 : Kante Luzea , 2001 : Hommage à Canteloube : Cants deü Sud , pour baryton, soprano et orchestre, œuvre dont il a fait l’enregistrement discographique.)

Il crée en 2000 l’Association Pierres Lyriques en Béarn des Gaves, en 2001 le Grand Choeur des Pierres Lyriques qu’il dirige dans le grand répertoire de musique sacrée, et en 2007 le Chœur de Chambre pour, notamment,  la  Petite messe solennelle  de Rossini, le Stabat Mater de Dvorak, le Gloria et le Stabat Mater de Poulenc, les Sept paroles du Christ en Croix de Franck… Il est également chef de chœur des productions lyriques de l'Association Luis Mariano d'Irun.

Il a mis en scène les opéras de jeunesse de Rossini, Les mamelles de Tiresias de Poulenc ainsi que la plupart des grands opéras-bouffes d’Offenbach dans le cadre du Festival des Pierres Lyriques (Orphée aux Enfers, La Périchole, La Belle Hélène, La Grande Duchesse de Gérolstein).

Régulièrement invité en Espagne par l’Association Luis Mariano d’Irun, il a signé depuis 2006 les mises en scène de L’elisir d’amore de Donizetti, Sonnambula de Bellini,  La traviata, Rigoletto, Il trovatore de Verdi , La bohème de Puccini, Cosi fan tutte de Mozart, Carmen de Bizet, Roméo et Juliette de Gounod, Il Barbiere di Siviglia de Rossini, La Traviata de Verdi (nouvelle production), Turandot de Puccini, Werther de Massenet et en 2020, La chauve-souris de Strauss.

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